Verdun in Meuse, Alsace, Lorraine, Champagne-Ardenne, France — Western Europe
Le 166eme Régiment d'Infanterie
« Je suis de Verdun»
| — | 166th Infantry Regiment | — |
Le 166eme Régiment d'Infanterie (RI) est créé en 1913 à partir des 4 bataillions des 132eme, 150eme, 151eme et 154eme RI. Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, il regroupe les éléments déployés dans les forts de la région de Verdun et dans ceux situés entre Verdun et Toul. Son recrutement est principalement régional.
Il est cantonné dans les casernes Chevert construites au début des années 1900 à l'Est de Verdun. Le 4eme bataillon du régiment est réparti dans les forts du rideau défensif entre Troyon et Gironville, Cinq compagnies occupent les forts de Belrupt, d'Haudainville, de Moulainville, du Rozelier et l'ouvrage de Dérame.
Les premiers engagements loin des forts
Lors de la guerre de mouvement, le 166eme RI fait partie de la défense mobile de Verdun au sein de la 72eme Division d'Infanterie. Il connait son baptême du feu le 25 août 1914 lors de la bataille d'Étain au cours de laquelle le colonel commandant le régiment meurt au combat. Le mois suivant, le 3" bataillon s'empare héroïquement de la ferme de Sorel au Nord de Verdun, dans la région de Spincourt. Le 166* RI compte plus de 300 tués lors des combats de 1914.
Marcheville, l'épreuve terrible, mars-avril 1915
Au pied des Hauts-de-Meuse, la boue glacée de la Woëvre est le cadre de la première expérience de la guerre de tranchées pour le 166emeRI. La plaine marécageuse interdit le creusement d'abris et n'autorise que des tranchées à peine tracées, complétées de fascines et de gabions: les conditions de survie et de combat y sont éprouvantes. Les missions du régiment consistent à contrôler les villages de Pintheville et de Riaville, sur le chemin des Éparges où les combats font rage depuis février. Ii a également la mission de reprendre aux Allemands Je village de Marchéville.
Undisparu célèbre, l'écrivain Louis Pergaud
Le 8 avril, le régiment doit créer une diversion pour favoriser une attaque française aux Éparges. De nuit, le 2eme bataillon monte à l'assaut de la cote 233, secteur défensif bien organisé par les Allemands. L'assaut est un échec sanglant face à un ennemi équipé de mitrailleuses.
L'écrivain Louis Pergaud, prix Goncourt en 1910 pour De goupil à Margot et auteur de l'immense succès La Guerre des Boutons (1912), est sous-lieutenant au 166 RI. Blessé au pied, il est capturé par les Allemands qui, pris sous les obus de l'artillerie française, ne peuvent évacuer tous leurs prisonniers. C'est vraisemblablement dans ces conditions que Louis Pergaud trouve la mort après sa disparition dans la nuit du 7 au 8 avril 1915. Dans la journée du 7 avril, avant l'attaque, il adresse une lettre à son épouse Delphine:
« J'ai reçu hier de toi une bien bonne lettre, toute imprégnée d'amour, toute débordame de tendresse. Merci, mon bon petit de m'écrire si longuement et de me dire des choses si douces au cœur, si réconfortantes... Je le conterai plus fard des histoires émouvantes et terribles, et de gaies aussi. En attendant. Il faut s'armer de patience et de courage.
Nous n'avons pas bougé hier encore, et j'ai passé une bonne nuit dans un lit rempli de paille, avec mon sac de couchage, une couverture et un oreiller. Il a plu toute la nuit. Mais aujourd'hui, il n'est encore rien tombé. Le canon gronde toujours à côté de nous et la fusillade crépite. Les Boches ont essayé vainement de nous canarder, mais leurs obus, à bout de souffle, venaient péniblement renifler dans la terre à 50 mètres du village. Ce qu'ils devaient rager !
A demain, ma chérie, je te prends dans mes bras et je t'embrasse de toute mon âme, de toutes mes Jorces et de tout mon cœur ».
Aujourd'hui, dans la campagne près de Marchéville, une stèle rappelle la mémoire de cet homme de lettres mort au combat.
Les mois passés dans le secteur de la Woëvre sont parmi les plus meurtriers de toute la guerre pour le 166eme RI qui perd près de 1.200 soldats.
1916-1918: Les Éparges, La Somme, La Champagne
De janvier à mars 1916g le 166eme RI résiste sur la crête des Éparges aux explosions de mines et aux assauts allemands qui lui occasionnent près de 500 tués ou blessés. Il est engagé début septembre, dans la fournaise de la grande offensive franco-britannique de la Somme. Le régiment y livre cinq jours de combats acharnés pour posséder, perdre et reprendre un ensemble de tranchées allemandes au prix d'environ 1.200 tués, blessés et disparus.
L'année 1917 voit le régiment revenir dans le secteur de Verdun, sur la rive gauche de la Meuse, où il est sévèrement éprouvé par les attaques allemandes du mois de mars.
Au printemps de la même année, le régiment rejoint le secteur de Moronvilliers (Champagne) ou 600 de ses hommes sont mis hors de combat.
En 1918, le 166eme RI est toujours en Champagne. Les troupes allemandes tentent de rompre en mars et en mai le front Ouest. En juillet 1918, lors d'une offensive allemande, il parvient à contenir les assauts ennemis, préservant le contrôle de la route de Châlons-sur-Marne malgré l'emploi massif par les Allemands de l'artillerie. Il perd encore près de 900 soldats avant de participer à la grande contre-offensive pour la victoire finale.
En août 1918, il mène d'autres combats lors des opérations de retrait des Allemands. Début septembre, la ligne de défense Hindenburg est atteinte, Au cours de cette campagne, le 166eme RI perdurés de 1.000 hommes. A quelques semaines de l'armistice, le régiment est engagé dans les dernières offensives.
La gloire du 166eme RI
Le 13 décembre 1918, en récompense de l'ensemble de ses faits d'armes, le régiment, décoré de la Croix de Guerre 1914-1918 avec deux citations à l'ordre de l'armée et une à l'ordre du corps d'armée, se voit décerner la fourragère aux couleurs de la Croix de Guerre.
The 166th Infantry Regiment (RI) mas created in 1913 from the four battalions of the 132nd , 150th , 151st and 154th RIs. When the First World War broke out, it brought together soldiers deployed in the forts of the Verdun region and those located between Verdun and Toul. The regiment recruited mainly from the region.
It was stationed in the Chevert barracks built in the early 1900s to the east of Verdun. The 4th battalion of the regiment was spread among the forts of the defensive curtain between Troyon and Gironville. Five companies occupied the forts of Belrupt, Haudainville, Moulainville, Rozelier and the Dérame fortification.
Initial engagements are far from the forts
During the so-called war of movement, the 166th RI was part of the mobile defense of Verdun within the 72nd Infantry Division. It underwent a baptism of fire on 25 August 1914 at the battle of Ètain during which the colonel commanding the regiment died in combat. The following month, the 3rd Battalion heroically captured Sorel Farm to the north of Verdun in the Spincourt region. More than 300 soldiers of the 166th IR were killed in the battles of 1914.
Marcheville, a terrible ordeal, March-April 1915
At the foot of the Hauts-de-Meuse, the frozen mud of the Woëvre region was the setting for tbe 166th IR's first experience of trench warfare. The marshy plain meant thaf shelters could not be dig out and only barely demarcated trenches were possibie, completed with rough bundles of brushwood or fascines, and gabions filled with earth: survival and combat conditions there were extremely tough. The regiment's mission consisted of controlling the villages of Pintheville and Riaville, on the Éparges ridge where fighting has been raging since February. It also has the mission of retaking the village of Marchéville from the Germans.
A famous missing person: writer Louis Pergaud
On 8 April, the regiment had to create a diversion to assist with a French attack in Les Éparges. At night, the 2nd battalion set out to attack Cote 233, a defensive sector well organized by the Germans. The attack failed with large loss of life against an enemy equipped with machine guns. Author Louis Pergaud, who had won the Prix Goncourt in 1910 for De Gospil à Margot and had written the highly successful La Guerre des Boutons (1912), was a second lieutenant in the 166th RI. Wounded in the foot, as captured by the Germans who were unable to evacuate ail their prisoners under heavy shelling by the French artillery. It was probably under these conditions that Louis Pergaud lost his life after his disappearance on the night of 7 to 8 April 1915.
During the day on 7 April before the attack, he wrote a leer to his wife Delphine.
Yesterday I received a wonderful letter from you full of love and overflowing with tenderness. Thank you, my dearest, for writing at such length and telling me things so pleasant to my heart, so comforting … Later on, I will tell you terrible and moving stories , as well as some cheerful ones … In the meantime, we have to arm ourselves with patience and courage.
We didn’t move again yesterday, and I spent a good night in a bed filled with straw, with my sleeping bag, a blanket and pillow. It rained all night. But today, nothing has yet fallen. The gun continues to roar alongside as shots rattle all around. The Jerries have tried in vain to take potshots at us, but their shells bat their shells, giving up the ghost, have only managed to bury themselves in tie earth 30 metres from the village. They must be fuming! >br> Until tomorrow, my dear, I take you in my arms and I embrace you with all my soul, all my strength and all my heart.” Today, in the countryside near Marchéville, a monument commemorates this man of letters killed in combat. The months spent in the Woëvre sector were among the deadliest of the entire war for the 166th RI which lost almost 1,200 soldiers.
1916-1918: Les Éparges, The Somme and Champagne
From January to March 1916, the 166th RI was stationed on the Éparges ridge, resisting the mine explosions and German attacks which resulted in almost 300 killed or wounded . In early September, it engaged in the ferocious fighting of the great Franco-British offensive of the Some. The regiment spent five days of brutal fighting to capture, lose, and recapture set of German trenches for a loss of around 1,200 killed, wounded, or missing.
1917 saw the regiment return to the Verdun sector, on the left bank of the Meuse, where it was severely tested by German attacks in March.
In spring of the same year, the regiment joined the Moronvilliers (Champagne) sector where 600 of its men were put out of action.
In 1918, the 166th was still in Champagne. In March and again in May, the Germans troops tried to break through along the Western Front. In July 1918, during a German offensive, they managed to contain the enemy attacks, keeping control of the road from Chalons-sur-Marne despite massive use of artillery by the Germans. They lost another 900 soldiers before taking part in the major counter-offensive for the final victory.
In August 1918, they engaged in other battles during the retreat operations of the Germans. In early September, the German defensive position of the Hindenburg Line was reached. During this campaign, the 166th RI lost just under 1,000 men.
A few weeks from the Armistice, the regiment fought in the final battles of the war.
The Glory of the 166th RI
On December 1918, in recognition of all its feats of arms, the regiment , after being decorated with the 1914-1918 Croix de Guerre with two Mentions in Despatches at Army level and one Mention in Despatches at Corps level, was rewarded the fourragère or the heralded cord in the colors of the Croix de Guerre.
[German passage wasn’t transcribed due to it being too illegible.]
Topics. This historical marker is listed in this topic list: War, World I. A significant historical month for this entry is March 1916.
Location. 49° 9.729′ N, 5° 23.265′ E. Marker is in Verdun, Grand Est (Alsace, Lorraine, Champagne-Ardenne), in Meuse. It is at the intersection of Avenue Général Mangin and Qaui de la Republique, on the left when traveling east on Avenue Général Mangin. Touch for map. Marker is in this post office area: Verdun, Grand Est 55100, France. Touch for directions.
Regionally, it is in the North Atlantic Region, Europe, the European Union, Atlantic Europe, the Schengen Area, Western Europe, a coastal Mediterranean country, and the Western World. Historically, it finds itself in what was once a French colony, the Roman Empire, and specifically the Holy Roman Empire.
Other nearby markers. At least 8 other markers are within walking distance of this marker: Verdun War Memorial (a few steps from this marker); The Defense (about 150 meters away, measured in a direct line); Chapel Saint Nicolas/Chapelle Saint-Nicolas (about 210 meters away); St. Nicolas Chapel / Chapelle Saint-Nicholas (about 210 meters away); « Honneur et Reconnaissance aux Femmes des Territoires » (about 240 meters away); Monument à la Victoire et aux Soldats de Verdun (XXe siècle) (approx. 0.3 kilometers away); Ancienne abbaye Saint-Paul (approx. 0.3 kilometers away); Porte Saint-Paul (approx. 0.3 kilometers away). Touch for a list and map of all markers in Verdun.
Credits. This page was last revised on February 13, 2025. It was originally submitted on February 4, 2025, by Steve Stoessel of Niskayuna, New York. This page has been viewed 149 times since then and 23 times this year. Photos: 1, 2, 3. submitted on February 4, 2025, by Steve Stoessel of Niskayuna, New York.


